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Abbaye Notre-Dame de Bellefontaine

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Abbaye Notre-Dame de Bellefontaine
Entrée du monastère situé à Bellefontaine.
Entrée du monastère situé à Bellefontaine.
Existence et aspect du monastère
Existence Abbaye en activité
Site web http://www.bellefontaine-abbaye.com/
Identité ecclésiale
Culte Culte catholique
Province ecclésiastique Province ecclésiastique de Rennes
Diocèse Diocèse d'Angers
Présentation monastique
Origine de la communauté Existence d'ermitages en 1010. Vers 1120, un document atteste l'existence d'une charte passée entre Pétronille de Chemillé, première abbesse de l'abbaye Notre-Dame de Fontevraud, et Pierre, premier abbé de Bellefontaine.
Ordre
Abbaye-mère Abbaye Notre-Dame de la Trappe de 1816 à 2025.

Abbaye Sainte-Madeleine du Barroux à partir de 2026.

Caractéristiques cisterciennes Abbayes filles : Abbaye Notre-Dame des Gardes, Abbaye Val Notre-Dame, Abbaye Saint-Joseph de Spencer, Monastère Notre-Dame du Kokoubou (Bénin), Monastère Étoile Notre-Dame (Bénin), Monastère Notre-Dame de Mvanda (RDC).
Patronage Marie (mère de Jésus)
Armes ou sceau du fondateur
Devise Ora et labora (en français : Prie et travaille)

« Aquae ejus fideles sunt » Es 33,16

Historique
Date(s) de la fondation Vers 1120
Fermeture De 1790 à 1816.

De Novembre 2025 à Juillet 2026

Architecture
Architecte Alfred Tessier
Dates de la construction 1876-1879
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Région Pays de la Loire
Département Maine-et-Loire
Commune Bégrolles-en-Mauges
Coordonnées 47° 09′ 07″ nord, 0° 56′ 19″ ouest
Géolocalisation sur la carte : Maine-et-Loire
(Voir situation sur carte : Maine-et-Loire)
Abbaye Notre-Dame de Bellefontaine
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Abbaye Notre-Dame de Bellefontaine
Géolocalisation sur la carte : Europe
(Voir situation sur carte : Europe)
Abbaye Notre-Dame de Bellefontaine

L'abbaye Notre-Dame de Bellefontaine est une abbaye française en activité fondée en 1120 sur la commune actuelle de Bégrolles-en-Mauges dans le département de Maine-et-Loire, en France. De 1816 à 2025, sa communauté est composée de moines trappistes, qui sont remplacés par des moines bénédictins en 2026.

Avant l'abbaye bénédictine

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Il semble qu'un ermite, peut-être avec un ermitage, préexiste à l'abbaye elle-même ; on le date autour de 1010[1].

La fondation

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L'abbaye est fondée vers 1120 ; à cette date un document atteste l'existence d'une charte passée entre Pétronille de Chemillé, première abbesse de l'abbaye Notre-Dame de Fontevraud, et Pierre, premier abbé de Bellefontaine[1].

Au Moyen Âge

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L'abbaye est notamment connue pour la visite qu'y fait en 1305 Bertrand de Got, alors archevêque de Bordeaux, qui y apprend qu'il est élu pape sous le nom de Clément V. En souvenir de ce jour, le nouveau pape offre une statue en pierre de la Vierge qui se trouve encore aujourd'hui dans l’église, adossée au pilier droit du chœur[1].

Les guerres de Religion

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En 1610, les armoiries royales sont apposées sur l'abbaye. Bellefontaine devient abbaye royale sur décision du roi Henri IV. Ce geste vient comme une réparation des ravages que l'abbaye à subit durant les guerres de Religion, tantôt par les Huguenots que par les Ligueurs[1].

Le régime de la commende

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Comme de nombreuses autres abbayes à l'époque, celle de Bellefontaine est placée sous le régime de la commende à partir de la fin du XVe siècle. Ce régime permet initialement à un clerc non régulier ou même — et de plus en plus souvent au fur et à mesure de l'aggravation de cet usage — à un laïc de prendre le contrôle d'une abbaye, sans s'impliquer dans la vie proprement monastique. Ce régime aboutit à une déshérence très nette des ordres religieux qui y sont soumis, tant du point de vue spirituel que matériel[1].

Le temps des réformes

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En 1637, face à l'aggravation du déclin de l'abbaye, le nouvel abbé commendataire, Michel Sublet, tente de remplacer la règle bénédictine en vigueur par celle de la congrégation de Saint-Maur ; c'est un échec et les Mauristes sont remplacés au bout de cinq ans par les Feuillants, qui resteront presque 150 ans à Bellefontaine[1].

La Révolution

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Louis Boudan, Vue de l'abbaye de Bellefontaine dans le diocèse de la Rochelle, dessin, lavis d'encre de Chine, 1707, BnF.
L'église abbatiale.
L'intérieur de l'église.

La réforme n'empêche pas le monastère de péricliter puisqu'il ne reste que trois moines feuillants en 1790. Ils sont chassés avec la Révolution.

Le mobilier est vendu puis c'est l'abbaye elle-même, qui sera transformée en prison durant la guerre de Vendée. Les archives de l'abbaye sont également brulées.

Bellefontaine devient un haut lieu de pèlerinage durant cette période. Le généralissime Jacques Cathelineau vient prier à la chapelle de Bon-Secours. À la suite de la défaite de Cholet le 17 octobre 1793, les Vendéens se replient par milliers vers la Loire marquant l'épisode de la virée de Galerne. Ils passent par Bellefontaine en emportant avec eux la statue en bois de la Vierge de la chapelle. Celle-ci disparait pour toujours lors du passage du fleuve.

L'abbaye est quant à elle saccagée et brulée puis laissée à l'abandon pendant plusieurs années. La chapelle est elle-aussi détruite par les Bleus[1].

La reprise de la vie monastique : les Trappistes (1816-2025)

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En 1816, le père Urbain Guillet rachète l'abbaye et s'y installe avec quelques moines Trappistes. Dès 1817, ils sont une quinzaine. Au tournant des années 1870, l'abbaye compte environ une centaine de moines.

L'abbaye est reconstruite sous l'abbatiat de Jean-Marie Chouteau par l'architecte Alfred Tessier. En 1866, le jeune abbé hérite d'une abbaye dans un tel état de vétusté que même l'église tombe en ruine. Il n'existe aucun bâtiment pour recevoir les hôtes. Il faut attendre 1876 pour que l'hôtellerie voit le jour et 1879 pour que l'église actuelle soit inaugurée par l'évêque d'Angers Charles-Émile Freppel. La statue en pierre de la Vierge qui fut donné par Bertrand de Got est retrouvée et restaurée durant cette période. Figurent dans les nouveaux éléments de construction, des vestiges de l'abbaye primitive, en particulier des contreforts et un porche dans le cloître datant du XIIe siècle. La communauté doit cependant se disperser en 1880. Cette expulsion suscite une vague d'indignations et de protestations, mobilisant des milliers de fidèles. La situation finit par s'apaiser, non sans difficultés, au tournant du mois de décembre de la même année. C'est également sous l'abbatiat de Dom Chouteau que la communauté prospère ; un monastère est fondé au Canada en 1881, l'abbaye d'Oka. D'autres suivront sur les cinq continents au cours du XXe siècle[1].

L'abbaye est marquée par la figure de Gabriel Sortais, abbé de Bellefontaine de 1936 à 1951, devenu supérieur général de l'Ordre jusqu'à sa mort brutale en 1963.

En 1960, l'abbaye est la première à ouvrir ses portes à une caméra[2].

À partir de 1966, la communauté édite des textes de spiritualité qui sont comme un pont entre le monachisme d'Orient et d'Occident, d'hier et d'aujourd'hui[3].

C'est aussi le temps des réformes avec le deuxième concile œcuménique du Vatican et la figure de Dom Emmanuel Coutant, abbé de Bellefontaine durant près de 35 ans.

La communauté est marquée par l'assassinat, au monastère de Tibhirine en Algérie, de trois de ses anciens membres le  : Bruno Lemarchand, Célestin Ringeard et Michel Fleury. Tous les trois, considérés par l'Église catholique comme martyrs, sont béatifiés In odium fidei par le pape François le 8 décembre 2018.

Au début des années 2020, la communauté de Bellefontaine compte environ une vingtaine de moines qui vivent principalement d'activités agricoles, en particulier de vergers de pommes, poires et kiwis, vendus sur place[4]. Une hôtellerie permet à une quarantaine de retraitants de passer un ou plusieurs jours à l'abbaye dans le silence et la prière, bénéficiant également des offices liturgiques (laudes : 7 h, vêpres : 18 h).

En 2025, la communauté indique quitter les lieux le , suite au vieillissement de ses membres[5]. Sur les 13 moines, sept vont rejoindre la maison de retraite des sœurs de la congrégation Sainte-Marie de Torfou. Parmi les moins âgés, trois choisissent une autre communauté pour y poursuivre leur vie monastique, et trois autres, vont vivre une expérience transitoire avant de faire un choix définitif. Toutefois, parmi les moins âgés, deux frères vont continuer de vivre sur place pour faire la transition avec la nouvelle communauté jusqu'au mois de juillet 2026. Avec l’aide des employés présents sur le site, ils maintiendront les activités économiques, en particulier la production de pommes et de kiwis ; ils assureront aussi le bon fonctionnement du magasin[6].

« Les moines restent, les bénédictins reviennent » (2026)

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Des bénédictins de l'abbaye du Barroux s'installent courant 2026[7]. Lors du chapitre du , douze pères et frères sont désignés pour partir : père Raphaël (prieur), père Robert (sous-prieur), pères Cyrille, Matthieu, et Benoît ainsi que les frères Étienne, Tarsicius, Jean-de-Dieu, Gabriel, Charles-de-Foucauld, Colomban et Emmanuel.

Le , fête de Saint-Benoît, a lieu la messe d'installation des nouveaux moines bénédictins en présences des membres Trappistes de l'ancienne communauté. Elle est célébrée par Dom Louis-Marie, père-abbé du Barroux, en présence de l'évêque d'Angers Emmanuel Delmas, ordinaire du lieu, et de l'évêque de Luçon Renauld de Dinechin[8],[9]. Lors de la cérémonie figure également les pères abbés Dom Dupont, abbé émérite de Solesmes, Dom Pateau, de Fontgombault, Dom Philippe Piron, abbé émérite de Kergonan, le père Christophe Gapais, supérieur de Riaumont, l’abbé Loiseau, fondateur des Missionnaires de la Miséricorde, le père Augustin-Marie Aubry, supérieur de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier[10].

Près de 2000 personnes sont présentes lors de l'inauguration. Durant la célébration eucharistique est lu un message du cardinal Pietro Parolin transmettant la bénédiction apostolique du pape Léon XIV, puis lecture est faite du décret d’érection canonique du prieuré, des messages de l’abbé primat des bénédictins Jeremias Schröder et de l’abbé général des trappistes Bernardus Peeters. Enfin, une charte de transmission de l’abbaye est signée entre les derniers trappistes présents et les douze moines fondateurs[11].

Liste des abbés

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  • 1115-1149 : Pierre Ier
  • 1150-1168 : Gérard Ier
  • 1168-1170 : Chrétien
  • 1170-1173 : Bruno
  • 1173-1187 : Jean Ier
  • 1187-1200 : Gérard II
  • 1200-1223 : Jean II
  • 1223-12?? : Pierre II
  • 12??-1345 : Pierre III
  • 1345-1403 : Pierre IV
  • 1403-1429 : Thibaud
  • 1429-14?? : Louis Ier
  • 14??-1488 : Robert Ier
  • 1488-1525 : Robert II de L’Espinose
  • 1525-1539 : Pierre V Lambert
  • 1539-1552 : Guillaume Ier Menier
  • 1552-1558 : Guillaume II Goupilleau
  • 1558-1564 : Vacance
  • 1565-1595 : Charles Ier de Bourbon, prince de La Roche-sur-Yon
  • 1595-1598 : Nicolas de Thou
  • 1598-1602 : Jacques-Auguste de Thou
  • 1602-1609 : René Maquenon
  • 1610-1642 : Simon de La Lucière
  • 1642-1649 : Michel Ier Sublet d’Heudicourt
  • 1649-1680 : Henri de Bruc de Montplaisir
  • 1680-1704 : Jean-François de Bruc de Montplaisir (probablement neveu du précédent, fils de son frère René ?)
  • 1704-1709 : Charles II Marcien de Druy
  • 1709-1710 : François Ier Le Roy de Chavigny
  • 1710-1720 : Louis II de Balzac d’Entragues
  • 1721-1735 : François II Mareschal
  • 1735-1736 : Vacance
  • 1737-1754 : Guillaume III Geoffroy-Jean-Pierre de Blanes de Millas
  • 1754-1789 : Pierre VI Léonard de Luage

Supérieurs

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  • 1816-1817 : Urbain Guillet
  • 1817-1828 : Michel II Le Port (1)
  • 1828-1830 : Michel II Le Port (2)
  • 1830-1845 : Fulgence Guillaume (1)
  • 1845-1850 : Augustin de La Forest-Divonne
  • 1850-1866 : Fulgence Guillaume (2)
  • 1866-1930 : Jean-Marie Chouteau
  • 1930-1936 : Jean-Baptiste Auger
  • 1936-1951 : Gabriel Sortais
  • 1952-1987 : Emmanuel Coutant
  • 1987-2004 : Étienne Baudry
  • 2004-2024 : Jean-Marc Chéné
  • 2024-2026 : Samuel Gonçalves, supérieur
  • Depuis le  : Père Raphaël

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 « Chronologie de l’abbaye de Bellefontaine », sur abbaye Notre-Dame de Bellefontaine (consulté le ).
  2. ↑ [vidéo] « Pour la première fois, une caméra », sur INA (consulté le )
  3. ↑ Abbaye Notre-Dame de Bellefontaine, Découvertes des abbayes, monastères et couvents en France.
  4. ↑ Nathalie Hamon, « Coronavirus. Ces frères de l’abbaye Bellefontaine continuent de vendre pommes et kiwis », Ouest-France,‎ (lire en ligne).
  5. ↑ Frère Samuel, « Les frères de l’abbaye de Bellefontaine nous partagent quelques nouvelles et une invitation », sur Diocèse d'Angers, (consulté le ).
  6. ↑ « L'au-revoir aux frères de Bellefontaine - Diocèse d'Angers », (consulté le ).
  7. ↑ Antoine Pasquier, « Les bénédictins du Barroux reprennent l’abbaye de Bellefontaine », Famille chrétienne,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  8. ↑ Alex Le Mener, « « Leur venue est une bénédiction » : les moines du Barroux ont pris possession de cette abbaye du Maine-et-Loire », Ouest-France / Le Courrier de l'Ouest,‎ (lire en ligne Accès payant, consulté le ).
  9. ↑ Jean-Marie Guénois, « Des moines traditionalistes du Barroux repeuplent une abbaye angevine millénaire », Le Figaro,‎ (lire en ligne Accès limité, consulté le ).
  10. ↑ « Samedi 11 juillet 2026 : inauguration du prieuré », sur abbaye du Barroux.
  11. ↑ Père Hugues, « Inauguration de l’abbaye de Bellefontaine », sur Abbaye du Barroux, (consulté le ).

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Articles connexes

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Liens externes

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