Charles Sellier
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Charles François Sellier[1] né à Nancy le et mort dans cette même ville le est un peintre français[2].
Biographie
[modifier | modifier le code]Charles Sellier est le quatrième et dernier enfant de Christophe Sellier et Barbe Maix. Habitant le faubourg de Saint-Pierre, il fréquente de 1842 à 1846 l'école Saint-Pierre de Nancy. De 1846 à 1852, il intègre l'École des beaux-arts de Nancy, placée sous la direction du peintre Louis Leborne. Dans le même temps de 1849 à 1851, il suit les cours d'anatomie à l'école préparatoire de médecine de Nancy, dirigée alors par le professeur Edmond Simonin. En 1852, grâce à une bourse de la Ville de Nancy[3], il part à Paris et suit des cours dans l'atelier de Léon Coignet[4]. Le , il entre aux Beaux-Arts de Paris. En 1854, il se présente pour la première fois au concours du prix de Rome avec la toile Abraham lavant les pieds aux trois anges. Il remporte finalement, en même temps que le prix Gustave-Moreau[5], le premier prix de Rome en 1857[4] avec une toile représentant La Résurrection de Lazare. Il devient alors pensionnaire de la villa Médicis à Rome jusqu'en 1863. À cette occasion, il offre à son camarade Justin Sanson, lauréat du Prix de Rome de sculpture, une peinture représentant une Jeune romaine désormais conservée au Château-Musée de Nemours[6]. De retour en France, Sellier bénéficia, grâce au surintendant Nieuwerkerke, d'un atelier au Louvre[5].
Peintre de compositions religieuses ou allégoriques, de scènes de genre, de paysages et surtout de portraits, précurseur du symbolisme, il expose au Salon à Paris entre 1857 et 1882 et aux Expositions universelles de 1867 et de 1878. D'un naturel réservé et fuyant les mondanités, il se lie néanmoins avec ses contemporains Jean-Baptiste Carpeaux et Ferdinand Gaillard, mais ses faibles succès ultérieurs et la mort de sa mère en 1863 le font se renfermer sur lui-même. Il vit toutefois correctement de son travail de portraitiste à Paris. En 1864, il revient à Nancy et s'installe dans sa maison familiale. Il occupe le poste de directeur de l'École de peinture et de dessin de Nancy[7] de 1866 à 1871. Il a une fille en 1866 et se marie en 1872. Charles Sellier meurt le à son domicile de Nancy, après une longue période de maladie. Il est inhumé à Nancy au cimetière du Sud.
Il a légué une partie de ses œuvres à la Ville de Nancy ; ses peintures sont conservées au musée des Beaux-Arts de Nancy et au musée de l'École de Nancy. Un portrait de sa mère, huile sur toile datée de 1857, est conservé au musée d'Art et d'Histoire de Toul. Une peinture de la période romaine de l'artiste se trouve également dans les collections du Château-Musée de Nemours[8].
Réception
[modifier | modifier le code]Charles Sellier divise très tôt la critique. Roger Marx souligne dans le texte qui accompagne la rétrospective de son œuvre : « le tempérament de Sellier était en tout point opposé aux tendances du goût actuel [...]. Autant ils aiment le plein air et la vive lumière ; autant Sellier recherchait le clair-obscur et la pénombre. Ils estiment que l'on doit trouver dans la réalité les sujets de tous les tableaux, et qu'il n'est rien besoin de chercher au-delà, tandis que c'est surtout cet au-delà qui inquiétait et qui troublait Sellier »[9].
« Ses envois surprirent l'Académie par leur indépendance de style : il attachait une attention particulière aux effets de lumière, utilisant le bitume, pratiquant des frottis de terres et d'huiles qui se sont détériorés par la suite. Ses tableaux étaient ainsi souvent baignés dans de mystérieux clairs-obscurs. »[5]
Hommages
[modifier | modifier le code]- Rues : Rue Sellier à Nancy et Rue Charles-Sellier à Houdemont, en Meurthe-et-Moselle.
- Monument à Charles Sellier (1903) par Alfred Finot dans le parc de la Pépinière à Nancy. Socle en calcaire d'Euville, buste en marbre blanc[10]
- Œuvres de Charles Sellier
- Portrait de Napolitaine (vers 1860), Paris. musée d'Orsay.
- Tête du Christ, musée des Beaux-Arts de Nancy.
- Femme à la perle (1875), musée des Beaux-Arts de Nancy.
- Portrait de Joseph Tournois, musée des Beaux-Arts de Dijon.
Œuvres dans les collections publiques
[modifier | modifier le code]- L'enfant prodigue (1857)
- Portrait de la mère de l’artiste à soixante ans (1857), musée d'Art et d'Histoire de Toul
- La Sainte Famille (1863), église Saint-Bernard, Paris
- La fuite en Égypte (1863), église Saint-Bernard, Paris
- Lévite d'Ephraïm maudissant la ville de Galaa (Salon de 1864)
- La mort de Léandre (Salon de 1865, médaille)
- Portrait de Madame Delamarre de Bouteville
- Portrait de Napolitaine (vers 1860), musée d'Orsay, Paris
- Dernières années de Tibère (ou Bain de Tibère)
- Âme perdue (1868)
- Souvenir italien (1869)
- Portrait de M. Blanc (1869)
- Portrait (1870)
- Grapella (1870)
- Néréide (1872)
- Portrait de Mme de Meixmoron de Dombasle (Salon de 1872, médaille)
- Portrait du Prince Radziwill
- Léda
- La forge
- Tête du Christ, musée des Beaux-Arts de Nancy
- Femme à la perle (1875), musée des Beaux-Arts de Nancy
- Portrait de Joseph Tournois, musée des Beaux-Arts de Dijon
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Acte de naissance en ligne sur le site des archives départementales de Meurthe-et-Moselle.
- ↑ Il ne doit pas être confondu avec Charles Sellier (1844-1912), ingénieur, fondateur et premier président du Vieux Montmartre (1886), conservateur adjoint du musée Carnavalet et inspecteur des fouilles archéologiques de la Ville de Paris (1896).
- ↑ « Les Marques de collections de Dessins & d’Estampes », sur www.marquesdecollections.fr (consulté le )
- 1 2 R. Marx et A. Hepp, L'art à Nancy en 1883, Nancy, R. Wiener : Grosjean-Maupin, , 115 p. (lire en ligne), p. 85.
- 1 2 3 « À nos Grands Hommes - La monumentalité en cartes postales : Personnage représenté : Sellier, Charles Auguste [p1859] », sur anosgrandshommes.musee-orsay.fr (consulté le )
- ↑ « Publication "Etre Prix de Rome de sculpture au XIXe siècle", p.21 »
- ↑ Future école des beaux-arts.
- ↑ inventaire 1910.57.1
- ↑ « Femme à la perle - Sellier Charles François », sur collections-mba.nancy.fr (consulté le )
- ↑ « Monument à Charles Sellier », sur Plateforme ouverte du patrimoine (consulté le )
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Françoise-Thérèse Charpentier et Bernard Ponton, Sellier (catalogue de l'exposition au Musée de l'École de Nancy, 1980), Nancy, Musée de l'École de Nancy, , 8 p. (BNF 34642880).
- René Armellino, L'univers singulier de Charles Sellier, un peintre nancéien du XIXe siècle (catalogue de l'exposition au musée départemental Georges-de-La-Tour, Vic-Sur-Seille, -, organisée par le conseil général de la Moselle), Nancy et Metz, Serpenoise, , 140 p. (ISBN 978-2-87692-742-1).
Liens externes
[modifier | modifier le code]- Ressources relatives aux beaux-arts :
- Peintre français du XIXe siècle
- Peintre lorrain
- Élève de l'École nationale supérieure d'art de Nancy
- Élève de l'École nationale supérieure des beaux-arts au XIXe siècle
- Prix de Rome en peinture
- Naissance en décembre 1830
- Naissance à Nancy
- Décès en novembre 1882
- Décès à Nancy
- Décès à 51 ans
- Personnalité inhumée au cimetière du Sud (Nancy)